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 La Roumanie, dernier bastion francophone en Europe de l'Est

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Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
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MessageSujet: La Roumanie, dernier bastion francophone en Europe de l'Est   Jeu 28 Sep - 12:27

La Roumanie, dernier bastion francophone en Europe de l'Est

La France a été le principal soutien de Bucarest pour son adhésion à l'Union européenne.

LE «PETIT PARIS des Balkans» vanté durant l'entre-deux-guerres par Paul Morand, alors ambassadeur de France à Bucarest, n'est plus qu'un lointain souvenir. Il suffit pourtant d'arpenter le centre de la capitale roumaine, de la rue Jules-Michelet à la rue Edgard-Quinet en passant par la place Charles-de-Gaulle, pour mesurer le legs de la France. La Roumanie, bastion francophone en Europe de l'Est ? Cioran, Brancusi, Eliade ou Ionesco, qui, au siècle dernier, portèrent au pinacle les relations bilatérales, résistent de plus en plus difficilement à la déferlante culturelle venue d'Amérique.

Il n'empêche que la France dispose en Roumanie d'un formidable potentiel. Le français, qui a entamé un irrésistible déclin dans cette «Nouvelle Europe» acquise à la langue anglaise, y est étudié par 43% des élèves. C'est beaucoup face, par exemple, aux 3,8% de lycéens polonais qui l'ont choisi en première langue étrangère.

Après un long parcours du combattant, la Roumanie inté-grera le 1er janvier prochain l'Union européenne. La France aura joué un rôle majeur dans cette adhésion. C'est Paris qui avait convaincu en décembre 1999 le Conseil européen d'Helsinki de retenir la candidature roumaine. Et c'est encore la France qui s'érigera en avocat de Bucarest tout au long de laborieuses négociations.

Ce soutien politique s'est doublé d'une coopération exemplaire dans le domaine universitaire. Pas moins de 27 filières francophones universitaires forment des étudiants en droit, sciences politiques, économie, gestion, médecine...

Le Collège juridique franco-roumain d'études européennes, créé en 1995, s'inscrit directement dans cette volonté de préparer l'entrée de la Roumanie dans l'UE. Il accueille quelque 300 étudiants qui formeront les élites de demain. Deux d'entre eux viennent de gagner le concours d'arbitrage en droit économique organisé par Sciences po Paris.

Ancrer la Roumanie dans l'Europe, c'est aussi l'objectif de la coopération décentralisée. Né d'un grand élan humanitaire à la fin des années 1980, le mouvement associatif compte actuellement 800 partenariats entre collectivités locales des deux pays dans divers domaines sociaux ou institutionnels.

Une composante de l'identité roumaine

Malgré tous ces efforts, la cote d'amour de la France s'est effritée en Roumanie. «Parce que les Français nous accablent de stéréotypes», explique Anca, diplômée du Collège juridique franco-roumain. Les candidats à l'émigration s'y sentent mal aimés et lui préfèrent désormais l'Espagne et l'Italie, confirme Cristian Preda, secrétaire d'État chargé de la francophonie.

Le tropisme américain affiché par Traian Basescu n'est pas de nature à atténuer ce vague à l'âme. Élu en 2004, le président roumain s'est aligné sur les États-Unis lors du conflit irakien en rêvant publiquement d'un «axe Washington-Londres-Bucarest». Jacques Chirac lui en tient-il toujours rigueur ? Il a en tout cas renoncé au projet d'une visite d'État qui devait avoir lieu juste avant le sommet des pays francophones.

Depuis un an, Traian Basescu a pourtant «rééquilibré» son discours. Bucarest a adhéré en 1993 à l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). À l'instar des quatorze autres pays d'Europe de l'Est qui en sont membres ou observateurs, les dirigeants roumains voient dans la «diversité culturelle» un tremplin pour de nouveaux débouchés commerciaux.

Surtout, alors que la Roumanie s'apprête à recevoir une manne européenne de 32 milliards d'euros de 2007 à 2013, le président roumain semble avoir enfin pris conscience du poids prépondérant de la France et de l'Allemagne au sein de l'UE. À trois mois de son adhésion à l'UE, Bucarest voit plus que jamais dans la francophonie une composante de son identité européenne.
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MessageSujet: Re: La Roumanie, dernier bastion francophone en Europe de l'Est   Jeu 28 Sep - 16:37

Francophonie mon amour en Roumanie

Hôte du sommet, Bucarest entretient depuis toujours des liens avec la France et souhaite les consolider.

Jeudi 28 septembre 2006 - 06:00

«Parrrrrrlez-vous français ?» L'affiche bigarrée scrute les Bucarestois du haut des immeubles, côtoyant les enseignes américaines de fast-foods d'une capitale entrée de plain-pied dans la mondialisation. Jadis appelé «le Petit Paris», Bucarest espère pendant quelques jours retrouver son âme francophone, à l'occasion d'un sommet qui réunira quelque 60 délégations officielles dans le gigantesque Palais du peuple de Nicolae Ceausescu, devenu Palais du Parlement roumain. «C'est la plus importante manifestation politique jamais organisée en Roumanie», affirme le Premier ministre Calin Tariceanu, qui rappelle que la Roumanie est le premier pays d'Europe, en dehors de la France, a organiser un sommet de la francophonie.

Influence. Le choix de Bucarest n'est pas un hasard. Les liens entre la Roumanie et la France ont toujours été très intenses. «Ilot de latinité dans un océan slave», la Roumanie s'est modernisée au XIXe siècle grâce à l'influence hexagonale. La Révolution française a inspiré les idéaux révolutionnaires roumains de 1848, Napoléon III fut l'un de ceux qui ont oeuvré à l'indépendance roumaine et, entre 1850 et 1950, des générations d'élites roumaines furent formées à Paris. «Si la Roumanie perd son français, mon pays restera sans mémoire», affirmait Alexandre Paleologu, figure marquante de la vie intellectuelle roumaine.
«Hélas, ces quinze dernières années, l'anglais est omniprésent en Roumanie, surtout pour la jeune génération», soupire l'historien Lucian Boia. Ce défenseur de la langue de Molière ­ qui écrit ses livres en français ! ­ ne veut toutefois pas céder au pessimisme. Chaque année, 4 500 étudiants roumains sont inscrits dans les établissements supérieurs français. Le mensuel francophone Regard remarque que, après les Allemands, les Roumains forment la deuxième communauté estudiantine d'Europe dans l'Hexagone, et 88 % des élèves roumains apprennent aujourd'hui le français.
Colère. Si la France est malgré tout si présente dans la Roumanie actuelle, c'est également le fait de l'histoire récente. Après la chute de la dictature communiste, François Mitterrand fut le premier chef d'Etat occidental à se rendre à Bucarest pour rencontrer le controversé président post-communiste, Ion Iliescu. Jacques Chirac fit sien le dossier roumain de candidature à l'Otan, et il est difficile de croire que la Roumanie eut pu adhérer à l'UE le 1er janvier 2007 sans l'appui déterminant de la France. Ce sentiment n'a pas toujours été réciproque. Ainsi Bucarest avait-il déclenché la colère de Chirac en se rangeant du côté des Etats-Unis lors de la guerre en Irak. En décembre 2004, le nouveau président, Traian Basescu, avait lui aussi provoqué un haussement de sourcils côté français en annonçant la priorité de sa politique étrangère : «un axe Londres-Washington-Bucarest», dont Paris était exclu. Mais il en faudrait plus pour mettre en péril des relations au beau fixe, tant au plan économique que culturel. La France est l'un des plus importants partenaires commerciaux de la Roumanie.
«Grande soeur latine». Pour la Roumanie, ce XIe Sommet de la francophonie constitue l'occasion de consolider les liens avec sa «grande soeur latine», mais aussi de renouer avec les pays africains. «Il s'agit d'un véritable enjeu économique, confie Cristian Preda, secrétaire d'Etat à la Francophonie. L'Afrique est un continent en plein essor, avec lequel Bucarest a entretenu dans les années 70 de bonnes relations. Une partie de l'élite africaine a été formée dans les universités roumaines, et la Roumanie possède de fait une image bien meilleure dans les pays africains qu'en Europe de l'Ouest. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter de l'événement pour renouer ces liens distendus depuis 1990.»
Pour la Roumanie, le sommet représentera enfin une occasion de réfléchir à son identité. Pays francophone désirant jouer un rôle majeur en Europe (en tant que septième Etat le plus peuplé), elle souhaite aussi conserver un lien «privilégié» avec Washington. Un «paradoxe» qui s'exprime jusque dans les rues de la capitale avec, aux côtés du drapeau roumain, ceux de la Francophonie, de l'Union européenne et... de l'Otan.
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