THÉ Et FEU

Bienvenue sur TFE. Buvons du THÉ et discutons autour du FEU. Hoşgeldiniz, sefalar getirdiniz.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Mer 13 Sep - 11:58

Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam.

AVANT de se recueillir aujourd'hui sur la tombe de ses parents, Benoît XVI est, hier, redevenu le professeur Ratzinger. Après une plongée, lundi, dans la Bavière de son enfance, au sanctuaire marial d'Altötting, le Pape a célébré la dernière grande messe de son voyage en Bavière à Ratisbonne, où il a autrefois enseigné. S'il n'avait fait aucun commentaire personnel pour le cinquième anniversaire des attentats du 11 Septembre, hier il a pour la première fois livré une réflexion sur l'islam.


Il a surtout mis en garde l'Occident contre un choc de civilisations qui pourrait lui être fatal.

Devant les «pathologies et les maladies mortelles de la religion et de la raison» qui détruisent l'image de Dieu «à cause de la haine et du fanatisme», il a ainsi demandé à 260 000 fidèles de dire «en quel Dieu ils croient» et de professer «le visage d'un Dieu humain». C'est, selon lui, le seul moyen de se libérer de «l'athéisme moderne». Mais c'est aussi dans ce diagnostic que réside la différence fondamentale entre le christianisme et le monde musulman.

Une vision différente de Dieu


C'est dans l'après-midi et dans l'atmosphère familière du grand amphithéâtre de l'université de Ratisbonne, que le Pape a livré sa démonstration devant un aréopage d'universitaires. Il a conduit sa réflexion sur le rapport entre religion, raison et science, en partant de l'Islam. Filant la métaphore à partir d'une controverse qui a bien eu lieu au XIVe siècle entre un empereur byzantin prêt à céder aux assauts de l'Islam ottoman et un lettré musulman, le Pape a rappelé que «la violence est contraire à la nature de Dieu» et à la raison, à laquelle est liée «la compréhension de Dieu et donc la réalisation concrète de la religion». Si ceci est évident pour un chrétien, en revanche la conception musulmane de Dieu «n'est liée à aucune de nos catégories, fusse-t-elle celle de la raison».


Pour Benoît XVI, chrétiens et musulmans ne partagent donc ni la même philosophie et surtout pas la même vision de Dieu. Le christianisme héritier du monde grec antique est, lui, lié à la raison. C'est cette rencontre entre chrétienté et philosophie antique qui «demeure le fondement de ce que l'on peut appeler avec raison l'Europe», a ainsi déclaré le Pape, qui doit se rendre en Turquie à la fin du mois de novembre.

Ainsi, si le monde occidental qui «domine largement la pensée» veut conserver sa suprématie, il ne doit pas croire que «Dieu est superflu» et opposer science et foi chrétienne. En effet, «les cultures profondément religieuses du monde voient dans l'exclusion du divin une attaque contre leur conviction les plus intimes». L'Occident chrétien «repoussant la religion dans le champ de la sous-culture» serait incapable «de s'insérer dans le dialogue des cultures». Le Pape en concluant sa journée par une rencontre avec des représentants orthodoxes et protestants dans la cathédrale de Ratisbonne, leur a ainsi demandé de constituer une sorte de front commun, «d'être les témoins d'un mode de vie» dans «un monde plein de confusion».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Babel
Sublime Conteur des Mille et Une Nuits
Sublime Conteur des Mille et Une Nuits
avatar

Nombre de messages : 1433
Localisation : loin des yeux
Date d'inscription : 28/06/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Jeu 14 Sep - 13:12

Il "redoute" le choc ou il "l'attise" ???
That's the question.



Ensuite faire du christianisme, LA religion de la RAISON c'est un peu fort. La part du "magique" est bien forte dans la religion chrétienne (tous ces miracles, ces apparitions divines, ces guérisons miraculeuses...) LangueSmiley de débug
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Jeu 14 Sep - 14:15

Quand il veut se distinguer de l'athéisme, du matérialisme, il vante la Foi et ses mystères, que la simple raison ne peut appréhender, quand il veut se distinguer d'une autre religion (de surcroît monothéiste), il met en avant la raison.
Bref, c'est du n'importe quoi !

Babel a écrit:
Ensuite
faire du christianisme, LA religion de la RAISON c'est un peu fort.

La raison du plus fort, tu veux dire.

Le Christianisme a été très influencé par Rome, je me demande ce qui a pu les inspirer, à part des perspectives de domination (cf empereur Constantin).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Ven 15 Sep - 14:42

Alors Babel, tu maintiens qu'il attise Yeux roulants ?
J'avais raison de dire que tu étais notre Madame Soleil Bisous-Calins

============================================

Tollé dans le monde musulman après des déclarations du pape

DJAKARTA (Reuters) - Les récents propos du pape Benoît XVI sur l'islam risquent de porter un coup à l'harmonie religieuse dans le monde, estiment des dirigeants gouvernementaux et des dignitaires religieux de plusieurs grands pays musulmans, de l'Indonésie au Pakistan ou à l'Egypte.

Lors d'une conférence à l'université de Ratisbonne, le pape, qui vient d'effectuer une visite en Bavière, a cité le souverain byzantin Manuel II Paléologue qui, au XIVe siècle, accusait Mahomet d'avoir semé le Mal et l'inhumanité pour avoir prôné la diffusion de son enseignement par les armes.

"La violence est incompatible avec la nature de Dieu et avec la nature de l'âme", avait souligné le pape, qui avait utilisé les termes de "djihad" et de "guerre sainte".

Un choeur grandissant de dignitaires musulmans a demandé à Benoît XVI de s'excuser pour ses propos: ainsi, le président du Conseil turc des Affaires religieuses, Ali Bardakoglu. Le pape doit se rendre en novembre en Turquie, pays laïque mais majoritairement musulman, à l'invitation du président Ahmed Necdet Sezer, garant de la laïcité héritée d'Atatürk.

L'Assemblée nationale pakistanaise, chambre basse du parlement d'Islamabad, a de son côté adopté à l'unanimité une résolution condamnant les propos du pape. "Cette déclaration a blessé les sentiments des musulmans", lit-on dans le texte de la résolution. "Ils sont aussi contraire à la charte des Nations unies. Cette chambre exige du pape qu'il retire ses propos, dans l'intérêt de l'harmonie entre les différentes confessions du monde".

Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré que quiconque jugeait que l'islam était intolérant ou que l'islam se propageait par la force faisait preuve d'ignorance. "Les déclarations de ce genre nuisent aux efforts que nous faisons pour réduire le fossé et promouvoir la compréhension entre les différentes confessions", a-t-il ajouté.

Le Pakistan est le deuxième pays musulman le plus peuplé après l'Indonésie.

VIVE REACTION DE L'OPPOSITION EN JORDANIE

Le Vatican a publié un communiqué assurant que le pape n'avait jamais voulu offenser l'islam.

En Indonésie également, les réactions indignées aux déclarations de Ratisbonne ne se sont pas fait attendre.

"Il est clair, au vu de ses déclarations, que le pape ne comprend pas bien l'islam", a estimé Din Syamsuddin, président de Muhammadiyah, deuxième plus importante organisation musulmane d'Indonésie.

Fauzan Al Anshori, porte-parole du Conseil indonésien des Mujahideen, organisation radicale, a appelé le pape au dialogue et déclaré qu'il avait mal compris l'islam. Selon Anshori, le récent regain de radicalisme musulman est une réplique à la "croisade" menée par l'Amérique contre les musulmans.

En Egypte, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, s'est dit préoccupé par les propos du pape, qui risquent d'après lui de réduire à néant les efforts de rapprochement entre l'Occident et l'Orient.

A New Delhi, Syed Ahmed Bukhari, principal dignitaire de la mosquée Jama Masjid, la plus grande de toute l'Inde, a appelé les musulmans à répliquer aux propos de Benoît XVI.

"Aucun pape n'a jamais tenté de s'en prendre à la gloire de l'islam comme ce pape", a déclaré Bukhari sous les acclamations de milliers de fidèles, qui scandaient "Allahou Akbar" (Dieu est grand) sous le dôme de l'immense mosquée. "Les musulmans doivent répondre de telle sorte que le pape s'excuse", a-t-il dit après les grandes prières du vendredi.

Même son de cloche en Jordanie, où les musulmans ont estimé que les déclarations papales ne pouvaient qu'accroître le fossé entre les musulmans et l'Occident et montraient au grand jour la haine des chrétiens envers l'islam.

Pour le cheikh Hamza Mansour, qui dirige le Front du conseil de la Choura de l'action islamique, principal parti d'opposition du pays, seules des excuses présentées personnellement par le pape pourront effacer les "profondes insultes que représentent ces propos provocateurs" pour plus d'un milliard de musulmans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Islam : un faux pas de Benoît XVI ?   Mar 19 Sep - 17:13

Islam : un faux pas de Benoît XVI ?

Le nouveau pape a-t-il commis son premier faux pas ? Devant la déferlante de réactions qu'a soulevée dans le monde musulman son discours de Ratisbonne, mardi 12 septembre, lors de son voyage en Allemagne, on se demande encore pourquoi il est allé puiser dans l'histoire de l'islam des exemples de contradiction entre la foi et la raison, comme s'il n'en existait pas dans la longue série des querelles théologiques internes, et souvent cruelle, au christianisme.


Que n'a-t-il balayé devant sa propre porte plutôt que d'aller chercher des arguments dans la littérature des controverses : celle d'un Manuel Paléologue, empereur byzantin du XIVe siècle, polémiquant contre l'islam alors que la menace turque est aux portes de Constantinople ? Ou celle d'Ibn Hazm, cet auteur espagnol du XIe siècle qui condamnait toute spéculation théologique, mais n'a jamais fait école dans la pensée islamique ? Les musulmans s'indignent, à juste titre, que le pape soit allé trouver son argumentaire contre la violence religieuse dans des contextes historiques ainsi datés ou dans des courants marginaux de l'islam. On peine à comprendre pareille bévue dans un contexte de relations si orageuses entre l'Islam et l'Occident.

Benoît XVI, né Joseph Ratzinger, issu de la grande tradition théologique allemande (catholique et protestante), fut un universitaire accompli et brillant et, sous Jean Paul II, un gardien très orthodoxe de la doctrine romaine. Mais pouvait-on imaginer que son inexpérience politique soit si vite si éclatante après son élection d'avril 2005 sur le trône de Pierre ? Quelques semaines après son arrivée au sommet de l'Eglise, il avait énuméré les noms des Etats victimes du terrorisme, sans citer celui d'Israël, s'attirant de vifs reproches de Jérusalem. Le 28 mai, au cours de sa première visite de pape allemand à Auschwitz, il avait aussi mis la Shoah sur le compte d'un "groupe de criminels" nazis, sans évoquer la responsabilité du peuple allemand. Et il avait fait mémoire des six millions de victimes polonaises de la guerre, sans préciser que la moitié étaient des juifs. Devant l'émoi de la communauté juive, il avait rectifié ses propos.

Plus que d'inexpérience, c'est de méfiance qu'il faut parler à propos de ce pape. Son secrétaire d'Etat, numéro deux de la Curie, chargé de la diplomatie vaticane, a été volontairement recruté, contrairement à tous les usages de la maison, en dehors du sérail des diplomates de métier. Benoît XVI a préféré se rassurer en choisissant un autre proche théologien, le cardinal Tarcisio Bertone, qui fut son complice à la congrégation de la doctrine de la foi.

Récemment, Benoît XVI a expliqué à des confidents qu'il était effrayé par l'incompétence des nonces apostoliques. Celui de Washington ne lui avait jamais fait de rapport à Rome avant que n'éclate le scandale des prêtres pédophiles aux Etats-Unis ! Mais le pape ne peut continuer à se fier à son seul flair et à son goût de la confrontation intellectuelle. Un diplomate astucieux de son entourage aurait pu deviner l'exploitation qui serait faite dans les pays musulmans des malheureuses citations de sa "leçon" universitaire de Ratisbonne.

Benoît XVI a exprimé sa "tristesse", mais il n'a pas présenté d'excuses. Pour lui, il s'agit d'un regrettable malentendu. Mais - cycle infernal de la polémique -, les pays musulmans attendent qu'il se rétracte et se repente. Jean Paul II avait bien manifesté sa "repentance" pour les crimes commis dans le passé par l'Eglise : l'antijudaïsme des origines chrétiennes, les Croisades, l'Inquisition, la guerre contre les protestants. Mais de telles excuses "à chaud" présentées à l'islam seraient sans précédent dans l'histoire de l'Eglise. On imagine le profit que des extrémistes de tout rang tireraient de ce mea culpa du pape à l'égard des musulmans. Et les risques d'incompréhension radicale chez les catholiques.

UN DIALOGUE FONDÉ SUR LA "RAISON"

Erreur sur la forme, sans doute. Mais y a-t-il erreur sur le fond ? Du point de vue du pape Ratzinger, certainement pas. Le discours de Ratisbonne n'est pas le fait du hasard. Il est le fruit d'un cheminement qui lui est propre quant au dialogue interreligieux et qui ne ressemble pas aux voies ouvertes par Jean Paul II. Benoît XVI ne renie pas les options prises dès le concile Vatican II (1962-1965) en faveur de la reconnaissance des autres religions non chrétiennes et de l'ouverture d'un dialogue avec elles. Mais il a toujours pris ses distances avec les rencontres des religions à Assise qu'avait convoquées Jean Paul II, y voyant un risque de syncrétisme et de dilution de l'identité catholique.

A peine élu pape, il a évincé le responsable des relations avec l'islam, un Père blanc, vieux routier d'un dialogue jugé trop convenu. Puis, au nom d'une conception plus culturelle que théologique du rapport avec l'islam, il a fusionné au Vatican les deux "ministères" de la culture et du dialogue interreligieux. Juste après l'affaire des caricatures de Mahomet, le meurtre de prêtres en Turquie et des émeutes antichrétiennes dans quelques pays musulmans, cette double décision avait eu valeur de signal. Le dialogue avec l'islam serait placé sous le signe d'une plus grande fermeté.

Qu'a donc voulu dire exactement le pape à Ratisbonne ? Que le dialogue devait être franc. Non plus le dialogue des bons sentiments, des accolades, des appels incantatoires, aussi répétitifs qu'inefficaces, à la paix des religions comme anticipatrice de la paix du monde. Ce que le nouveau pape réclame, c'est un dialogue fondé sur la "raison" : y a-t-il, oui ou non, des germes de violence dans les textes sacrés ? Y a-t-il, oui ou non, dans l'islam comme dans les autres confessions, des instances critiques permettant une herméneutique libre - un droit d'interprétation - des textes ? Y a-t-il, oui ou non, des autorités magistérielles capables et libres d'énoncer le droit, de dénoncer le débordement, de traquer le fondamentalisme ?

Sous prétexte d'islamophobie ambiante, ou de risque d'instrumentalisation par des groupes radicaux, faut-il se taire sur ces questions ? Bien des musulmans modérés, intellectuels ou non, se les posent chaque jour, de manière ouverte ou clandestine, par peur de représailles. Aussi faut-il que l'islam se sente bien fragile pour qu'à chaque interpellation extérieure, d'où qu'elle vienne - un écrivain comme Salman Rushdie, des caricaturistes danois, aujourd'hui le pape -, il n'ait d'autres ressources que celle de l'émotion transmise parl' "islam satellitaire" (les chaînes Al-Jazira ou Al-Arabiya), le plus influent aujourd'hui, d'autre riposte que de crier à l'insulte contre le prophète.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Premiers signes d'apaisement dans la crise avec le Vatican   Jeu 21 Sep - 11:09

Premiers signes d'apaisement dans la crise avec le Vatican

La violente polémique entre le monde musulman et le pape Benoît XVI a semblé connaître mardi un début d'apaisement, notamment avec la première rencontre à Rome, depuis le début de la crise, entre un responsable du Vatican et des musulmans italiens qui ont appelé au dialogue.

«Nous considérons que le chapitre est clos. Il n'y a pas d'autre alternative à l'affrontement que le dialogue, nous avons choisi le dialogue», a déclaré Abdallah Redouane, secrétaire du Centre culturel islamique de Rome, à l'issue d'une rencontre avec le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, et le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni.

«Nous avons accueilli avec satisfaction l'appel du pape au dialogue et nous n'épargnerons aucun effort en ce sens», a ajouté M. Redouane.



Mgr Poupard a pour sa part assuré que «le dialogue est l'unique alternative à la violence et au terrorisme».

Le pape Benoît XVI, qui pourrait revenir sur cette crise mercredi lors de son audience générale, a appelé au «respect» des différentes «convictions religieuses» et déploré «toute forme de violence», dans un télégramme de condoléances à l'ordre des missionnaires de la Consolation dont une religieuse a été tuée dimanche en Somalie.

Après plusieurs jours de violente polémique dans le monde musulman, assortie de menaces contre le pape, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a exprimé son «respect» pour Benoît XVI, estimant que ses paroles sur l'islam et la violence ont été «modifiées».

«Nous respectons le Pape et toutes les personnes qui s'intéressent à la paix et la justice. J'ai entendu de sa part que les paroles qu'il avait émises ont été modifiées», a déclaré M. Ahmadinejad.


Son pays avait violemment critiqué Benoît XVI notamment par la voix du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui avait qualifié lundi les propos du pape de «dernier maillon» en date d'une croisade américano-sioniste contre l'islam.

Une manifestation d'étudiants en théologie chiites étrangers a eu lieu mardi dans la ville sainte iranienne de Qom.

Le président américain George W. Bush a pour sa part «noté» les regrets du pape et les a jugés «sincères», a fait savoir la Maison-Blanche.

La colère du monde musulman n'est cependant pas encore totalement apaisée au Proche-Orient et des appels à manifester ont été lancés pour vendredi, jour de prière pour les musulmans.

Après la hiérarchie catholique qui avait exprimé sa solidarité avec le pape lundi, c'est la classe politique italienne qui est montée au créneau mardi.

«La lâcheté de l'Occident par rapport à l'islam est honteuse», a tonné Gianfranco Rotondi, président du parti Démocratie Chrétienne (centre-droit).

«Le monde islamique a poussé le bouchon trop loin. Le pape est intervenu pour exprimer ses regrets. Le discours peut plaire ou ne pas plaire mais si à chaque fois qu'un discours ne plaît pas le monde se met à dresser des bûchers, cela finira mal»
, a lancé Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche (DS), principal parti de la coalition gouvernementale dirigée par Romano Prodi.

«Moi, je n'aime pas le président iranien mais ce n'est pas pour autant que je vais brûler son effigie», a-t-il ajouté.

«Le Saint-Père a été abandonné par l'Occident et l'Europe, nous devons avoir honte de notre réaction. Si nous n'avons pas le courage de défendre notre identité, nous n'aurons aucun avenir», a averti Pier Ferdinando Casini, ancien président chrétien-démocrate de la Chambre des députés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Chrétiens et musulmans doivent vivre en paix, dit Benoît XVI   Lun 25 Sep - 15:08

Chrétiens et musulmans doivent vivre en paix, dit Benoît XVI

Benoît XVI a déclaré lundi aux ambassadeurs des pays musulmans auprès du Vatican que les chrétiens et les musulmans devaient s'opposer à toute forme de violence.

Le pape a dit "son estime et son profond respect" à l'égard de la communauté musulmane, lors d'une intervention censée apaiser la polémique qui a suivi son discours de Ratisbonne.

Dans ce discours, il citait l'empereur byzantin du XIVe siècle Manuel II Paléologue qui évoquait le commandement de Mahomet "de répandre par le glaive la foi qu'il prêchait".
Le souverain pontife a exprimé des regrets à trois reprises la semaine dernière après les réactions de colère à son discours mais il n'a pas présenté les excuses qu'attendaient de lui nombre de musulmans.

Vingt-deux ambassadeurs de pays musulmans, ainsi que des dignitaires de la communauté musulmane italienne, ont répondu à l'invitation du pape à Castelgandolfo, la résidence d'été du souverain pontife.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Babel
Sublime Conteur des Mille et Une Nuits
Sublime Conteur des Mille et Une Nuits
avatar

Nombre de messages : 1433
Localisation : loin des yeux
Date d'inscription : 28/06/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Mar 26 Sep - 14:39

Les regrets de Benoît 16 c'est téléphoné !
Il arrête pas de s'empatouiller avec les autres religions : une fois c'est les juifs, une fois les hindous, maintenant les musulmans et demain ?? les raéliens peut-être LangueSmiley de débug En fait il a du mal à donner une image de tolérance et à cacher sa pensée véritable, voilà la vérité.
Mais bon, je ne m'attendais pas à autre chose de sa part !

Par contre, les réactions d'un "certain" monde musulman m'énervent aussi. Je comprends que dans le contexte international actuel, ils se sentent bafoués et toujours montrés du doigt, mais là, au lieu de réagir avec intelligence, ils réagissent d'une façon trop passionnelle et finissent par donner raison aux paroles qui les mettent en colère. Par contre, je tiens à souligner que, encore une fois, les réactions les plus virulentes viennent de régions qui sont en proie à des difficultés sociales et politiques énormes, des régions en proie à la violence quotidienne (Irak, Palestine, Soudan). Dans les pays plus calmes, les réponses sont bien plus modérées. Il y a donc un lien indéniable : le mal-être et la violence engendre le mal-être et la violence...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Mar 26 Sep - 15:32

Babel a écrit:
Les regrets de Benoît 16 c'est téléphoné !
Il a un téléphone rouge ?
Babel a écrit:
Il arrête pas de s'empatouiller avec les autres religions : une fois c'est les juifs, une fois les hindous
Ah bon, c'était quand ? je ne m'en souviens pas. Rougir

Babel a écrit:
maintenant les musulmans et demain ?? les raéliens peut-être LangueSmiley de débug En fait il a du mal à donner une image de tolérance et à cacher sa pensée véritable, voilà la vérité. Mais bon, je ne m'attendais pas à autre chose de sa part !
Plus haut, on précise qu'il a choisi un théologien (comme lui) plutôt qu'un diplomate. Il préfère rester dans son cloître, persuadé que cela suffit pour comprendre la nature humaine !?! Confus

Babel a écrit:
Par contre, les réactions d'un "certain" monde musulman m'énervent aussi.
Tout t'énerve !!! Mr. Green

Babel a écrit:
Je comprends que dans le contexte international actuel, ils se sentent bafoués et toujours montrés du doigt, mais là, au lieu de réagir avec intelligence, ils réagissent d'une façon trop passionnelle et finissent par donner raison aux paroles qui les mettent en colère.

C'est aussi une question d'éducation. Et surtout, la faute des médias. Faire passer n'importe quoi n'importe comment ! Pas cool
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Jeu 28 Sep - 11:55

Un Français sur deux cautionne Benoît XVI

48% des Français se disent favorables à une critique respectueuse des religions, selon un sondage publié par La Vie.

Deux semaines après la polémique suscitée par les propos du pape Benoît XVI sur l'islam, près d'un Français sur deux (48%) se dit favorable à une critique respectueuse des religions, qui respecte les convictions des croyants, selon un sondage CSA à paraître jeudi 28 septembre dans l'hebdomadaire La Vie.
Si 5% des personnes interrogées estiment que toutes les attaques sont autorisées, sans égards pour les fidèles, 45% considèrent à l'inverse qu'il ne faut pas critiquer les religions.
A l'heure des embrasements médiatiques au sujet de l'islam, un peu plus d'un sondé sur deux (53%) pense que les tensions entre chrétiens et musulmans vont augmenter dans les années à venir, contre 12% qui croient en une diminution et 28% qui ne s'attendent à aucun changement.

Sondage réalisé les 20 et 21 septembre auprès d'un échantillon de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus représentatif de la population française, selon la méthode des quotas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Che Khan
Petit Lokoum
Petit Lokoum


Masculin Nombre de messages : 22
Age : 57
Localisation : Dans les steppes d'Asie centrale
Date d'inscription : 29/09/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Mer 15 Nov - 23:23

Babel a écrit:
Il "redoute" le choc ou il "l'attise" ???
That's the question.


Bonjour à tous

Mais qu'elle est pertinente cette question !!!!!!!!!

Il faut toujours se poser la question : a qui profite le crime ?

Certes, la religion chétienne (Catholique Romaine) en 2006 est plutôt 'cool'.

Il n'en a pas été toujours de même. Elle a (malheureusement) connu, dans son histoire, des périodes très ..... extrémistes '

--> avec les Musulmans et les Juifs en Espagne lors de la Reconquista, avec les Cathares, avec les Protestants (entre autres).

Peut être que certains 'nostalgiques' de ses périodes pourraient profiter de la 'sois disante' confrontation entre l'islam intégriste et l'occident pour ré instaurer une Europe Chrétienne plus sévère et bcp moins tolérente.


Hummm ???? allez savoir ???


Bonne réflexion à tous.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://groups.msn.com/PeuplesCavaliers
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Jeu 16 Nov - 12:14

Tout est bon pour garder le pouvoir, même se faire passer pour gentil Smiley de débugConfus
Mais il y en a qui s'imagine que l'Islam de l'époque c'était la douceur même. C'est exagéré à mon avis ...

Encore cette manie de se comparer à un cancre ... Pas cool
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Orion
Récent Boss Fort du Phosphorescent Bosphore
Récent Boss Fort du Phosphorescent Bosphore
avatar

Masculin Nombre de messages : 2745
Age : 31
Localisation : Entre le Début de quelque chose et la fin de moi même
Date d'inscription : 21/05/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Ven 17 Nov - 4:18

j'aime pas ce papa, voila ça c'est dit
c'est vrai apres tout, j'adorer jean paul II, c'était un bon pape et un type bien, qui proné l'ouverture, et même dans ses imperes il rester raissonnable, c'était un vrai diplomate et il savait faire ce qu'il fallait faire au moment où il fallait le faire.
ce pape la, rastinger ou je sais plus quoi je l'aime pas, mais pas du tout, je regrette pas du tout de plsus etre chretien, il fait une connerie sur l'autre, en dit autant et en pense pas moins, je sais pas pourquoi le concil l'a choisi mais sur ce coup je trouve qu'il ont mal trancher, il faut pas oublier que le pape au mem titre que le president americain, et l'homme le plus connu au monde, devancants meme les grandes "stars" (madonna, jackson, dion hallyday, castro, gavras etc...)
Tu m'étonne qu'il essay de dire que y a que le christiannisme qui est bon, avec ses propres conneries c'est plusieur milliers voirs millioons de fideles qui vont partir...
oublie t'il que l'islam est une religion qui admet les prophetes de la torah/ancien testament et de la bible (jesus), a l'indentique, la bible reconnait dans osn ancien testament les prophetes juifs de la torah... est ce si difficile d'essayer de comprendre que des gens choisissent la religion qui parait etre decendante? pour exmpliqué simplement, est ce si bizar d'acheter un appreil photo lorsque qu'on a deja un camesquope avec fonction photo???
un proche amie sri lankaise et chretienne, très croyante, et surement la chretienne que je respecte le plus par ses valeurs, a dit un jour, "je veut garder ma religion car elle est celle de l'ouverture aux autres et d'une certaine tolerance", ce n'est pas ce mauvais pape qui lui donnera raison, Jean paul II tu manque a se monde, on avait encore besoin de toi ici, et pas de l'autre abruti là,

...

en ecrivant il m'est venu une chose a l'esprit, si aujourd'hui revenait les prophetes, tous, moïse, abraham, isréël et son cousin ismaël, jésus, mohomed, zoroastre etc... t qui voyait le ravage que les fous , pretendu croyants en Dieu, on osé faire, je ne blame personne et tous le monde en mem tps, car il n'y en a pas de meilleur, les juifs en premieres heures en "eprintant" la notion de Dieu qui nous été propre puis en leur maniere de vouloir toujours tout controler, lavidité n'est pas bonne, les chretiens et leur croisades, ainsi que et leur convertion forcée, les musulmans et leur attentas au non de Dieu et leur convertion forcée eux aussi...
il paraît aujourd'hui plus qu'hier, certains que le monothéisme et son propre ennemi, je sais pas pour vous mais j'ai pas envie de mourrir avec mes futurs enfants à cause d'un con qui vient de lancer des dizaines de bommbes nucléaires sur un autre parce que les apriauri lui ont dit qu'il serait son enemi,
quand on sait que chacune jour on peut mourrir a cause d'une metéorite, d'un vent solaire qui aurait deregler les bombes "de defence" du monde entier, ou quelqu'autre castrophe nuaturel ou spatial,
je crois qu'il n'y a que l'homme qui soit assez con pour se mettre sur la geule alors que un simple caillou venu de l'espace nous annehentirai tous, sur ce poitn d'ailleurs, il n'y a que e pays de l'oncle sam qui mene des recherche, mais malgré cette effort, un budget miserable lui est aloués, 4 millions de dollars seulement, avec un tel budget et aucune cooperation de chercheurs tiers, il apparait certains que si un gro caillou arrive dans disosn les 30 prochaines années, et ben meme les gens dans l'iss (la station spatial) sont condannées...

En conclusion ce constat, faites aps de projets d'avenir, on va tous mourrir dans les 50 a 100 prochaines années, soit par un malade qui croient connaitre sa verité et se fait ssauter dans un bus, soit par des cons qui controle et en veulent toujours plus au point de faire guerre sur guerre, soit par un type a l'ego demesuré qui balancequelque bombe nucléaires, voir biochimque, soit par une catastrophe naturel genre un gros caillou qui fait un gros trou quand il tombe et surtout recouvre pendant plusieur mois voirs années l'atmosphere terrestres tuant toute nos sources de nourritures et d'eau... ou bien encore un volcan, un etouffement du a la polution, un intoxication au co2, une surexposition au rayon solaires du au trou de la couche d'ozone... bref j'en passe et des meilleur, on en a plus pour longtemps et je susi pas pessimiste...

Rappel du sujet du topic, le pape benoit xvi et ses propos anti islamique
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://francois-ludwig.eu
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   Lun 27 Nov - 13:23

La méthode Benoît XVI

Du 28 novembre au 1er décembre, pour son cinquième voyage depuis qu'il a été élu pape, Benoît XVI séjournera en Turquie : Ankara, Izmir, Ephèse et Istanbul. S'il répond à l'invitation du président de la République, le souverain pontife ne rencontrera pas le Premier ministre turc. Selon la version officielle, Recep Tayyip Erdogan sera retenu en Lettonie par un sommet de l'Otan. Il semble que le chef du gouvernement veuille en réalité ménager l'opinion d'un pays qui est laïque, mais dont la population, à 99%, est musulmane. Or celle-ci jette un oeil suspicieux sur Benoît XVI depuis l'affaire de Ratisbonne.

Le 12 septembre, en visite pastorale en Bavière, le souverain pontife donnait une conférence magistrale, à l'université de Ratisbonne, sur les rapports entre la foi et la raison et sur l'apport de la Grèce antique à la pensée chrétienne. Une heure de théologie et de philosophie : rien de polémique dans les propos du pape. Une citation extraite d'un dialogue entre un empereur byzantin du XIVe siècle et un érudit persan, critiquant une sourate du Coran légitimant la violence, allait pourtant déclencher une tempête, le point de vue de Manuel II Paléologue étant indûment attribué à Benoît XVI. Si la polémique gagnait tous les pays musulmans, elle n'avait pas moins été lancée par les médias occidentaux, avides de créer l'événement avec une petite phrase sortie de son contexte, et présentée comme une déclaration de guerre à l'Islam !

La semaine dernière, dans une interview publiée par le quotidien italien La Stampa, le grand mufti de Turquie, Ali Bardakoglu, estimait que le voyage du pape «ne résoudra pas tous les problèmes, mais sera un bon pas dans la direction du dialogue». Un changement de ton par rapport à celui qui dominait il y a deux mois : à force d'explications, le Vatican est parvenu à faire comprendre que le sens du discours de Ratisbonne avait été déformé. Dès le 25 septembre, en recevant les ambassadeurs des pays musulmans accrédités auprès du Saint-Siège, le pape invitait chrétiens et musulmans à «travailler ensemble». Le 20 octobre, dans un message publié à l'occasion de la fin du ramadan, le cardinal Poupard, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, estimait que le monde «a besoin de chrétiens et de musulmans qui se respectent et s'estiment».

Le 11 novembre, Benoît XVI recevait en tête-à-tête l'universitaire algérien Mustapha Cherif. Au printemps, celui-ci lui avait envoyé son livre paru aux Editions Odile Jacob : L'Islam, tolérant ou intolérant ? En guise de réponse, l'auteur avait été convié à venir discuter directement avec le souverain pontife. En sortant de l'entretien, à Rome, Cherif déclarait que le pape lui avait dit considérer l'islam comme «une grande religion», et «qu'il réfutait la logique du choc des civilisations». Ajoutant : «Il m'a écouté avec beaucoup d'attention, beaucoup de bonté, et il y a eu un véritable échange.»

Ce rendez-vous privé, privilège rarement accordé, illustre la nature profonde de Benoît XVI. Loin de la caricature d'inquisiteur que dressaient ses adversaires au temps où il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, encore plus loin de l'image de prêcheur de croisade que certains voudraient lui coller, ce pape écoute, pose des questions, et prend le temps de la réflexion avant de prendre une décision. S'il est un pur intellectuel à qui on ne connaît qu'une détente, qui est de jouer du Mozart sur son piano demi-queue, s'il est un énorme travailleur, tôt couché et tôt levé, écrivant lui-même tous ses discours, s'il est d'une certaine manière un solitaire, Josef Ratzinger reste avant tout un pédagogue, amateur d'idées et de débats. Comme les théologiens de la grande époque qui pratiquaient l'art médiéval de la disputatio, Benoît XVI aime les controverses entre esprits cultivés, textes en main, argument contre argument.

S'il se rend aujourd'hui en Turquie, ce n'est donc pas pour chercher la confrontation avec le monde musulman. Benoît XVI a été pendant vingt-quatre ans le plus proche collaborateur de Jean-Paul II, et il lui a succédé, avec son caractère propre et ses inflexions particulières, dans un souci de continuité. «Le chemin de la tolérance et du dialogue, que le concile Vatican II a heureusement engagé, doit être poursuivi avec constance», rappelait-il le 11 octobre dernier. Précisant néanmoins : «Cela ne doit pas faire oublier le permanent devoir de repenser et d'affirmer avec tout autant de force les lignes maîtresses, inaliénables, de notre identité chrétienne.» Le 3 novembre, à nouveau, visitant l'université pontificale grégorienne à Rome, Benoît XVI observait que «le rapport avec les autres religions n'est constructif que s'il évite toute ambiguïté, affaiblissant d'une manière ou d'une autre le contenu essentiel de la foi chrétienne».

L'appel au réveil de l'identité chrétienne est une constante de l'enseignement du pape. S'il est un homme de dialogue, Benoît XVI pense que le dialogue, pour être fructueux, suppose que toutes les convictions ne soient pas noyées dans un syncrétisme où chacune perdrait son identité : dialoguer, c'est échanger, mais, pour échanger, encore faut-il avoir quelque chose à proposer. C'est pourquoi ce pape qui a 80 ans et qui sait que le temps lui est compté s'emploie, depuis le début de son pontificat, à expliquer, inlassablement, les fondamentaux de la foi chrétienne. Aux JMJ de Cologne en 2005, dans son encyclique Deus caritas est («Dieu est amour») parue au début de l'année, dans ses audiences du mercredi qui réunissent des foules considérables à Rome, le pape appelle les chrétiens à être d'abord, quoi qu'il leur en coûte dans une époque sécularisée, des disciples du Christ.

Ce recentrage sur l'essentiel, chez Benoît XVI, se traduit par une préoccupation déjà exprimée par Jean-Paul II : la crainte d'une déchristianisation de l'Europe, victime du matérialisme et du relativisme. Le 19 octobre, dans un discours prononcé à Vérone, le pape mettait en garde contre les dangers encourus par les sociétés qui se coupent de leurs racines, dès lors incapables «de dialoguer avec les autres cultures où la religion est fortement présente» comme de répondre aux attentes spirituelles de leurs habitants.

En Turquie, le souverain pontife a rendez-vous avec Bartholomée Ier. C'est dans cette rencontre entre le chef de l'Eglise catholique et le patriarche orthodoxe de Constantinople que se situe sans doute le coeur secret du prochain voyage papal. L'Occident et l'Orient sont les deux poumons de l'Europe. Rapprocher leurs traditions spirituelles, pour Benoît XVI, c'est permettre au Vieux Continent de respirer un air puisé au sommet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Faj
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
Âme Sentimentale qui se lie à l'Anatolie
avatar

Masculin Nombre de messages : 5412
Age : 43
Localisation : Brüksel, Canterville
Date d'inscription : 27/04/2005

MessageSujet: Benoît XVI ne pouvait pas tomber plus mal   Lun 27 Nov - 18:44

Benoît XVI ne pouvait pas tomber plus mal

Sournois, inculte, impertinent, envoyé du sionisme : voilà le genre d'épithètes qui ont été servies hier au pape Benoît XVI à la veille de sa visite de quatre jours en Turquie - son tout premier voyage en pays musulman.

Des milliers de protestataires s'étaient rassemblés à Istanbul sous une mer de drapeaux rouge et blanc, les couleurs de la Turquie. Tenue dans un tronçon de voie rapide fermé à la circulation, en périphérie de la métropole turque, la manifestation était organisée par le Parti islamiste radical Saadet, ou parti du bonheur. Son objectif : signifier au pape qu'il n'est pas le bienvenu en Turquie.

« Que le pape qui a insulté notre prophète ne vienne pas! » clamaient de nombreuses affiches, en référence au fameux discours de Ratisbonne, dans lequel Benoît XVI avait cité un empereur chrétien du XIVe siècle qui traçait un lien entre la violence et l'islam.



« Nous respectons sa religion, qu'il respecte la nôtre », s'est indignée une femme venue assister à la protestation avec des amies et des enfants.

Étudiant en économie, Murat Bayraktar était tout aussi outré. « Le pape veut montrer qu'il peut venir chez nous après nous avoir insultés, c'est de la provocation », s'est-il exclamé.

Après son discours de septembre, Benoît XVI avait exprimé des regrets, sans vraiment s'excuser. Alors que des fidèles rencontrés cette semaine devant la mosquée Fatih, dans l'un des quartiers les plus religieux d'Istanbul, disaient espérer que le pape profite de son voyage pour demander pardon aux musulmans, les manifestants d'hier estimaient qu'il était trop tard pour des excuses.

Mais l'hostilité à l'égard du pape s'appuyait aussi sur un tas d'autres raisons : des manifestants lui reprochaient par exemple son indifférence face à la situation en Irak et en Afghanistan, des guerres menées par ses « partisans » et contre lesquelles il ne dit rien.

D'autres scandaient des slogans religieux et s'indignaient devant certains points du programme de la visite du pape. Surtout sa rencontre avec le patriarche orthodoxe Barthélémy 1er, non reconnu par la Turquie, et sa visite au musée de la cathédrale Sainte-Sophie - autrefois une mosquée.

« Le pape n'agit pas individuellement, il fait partie d'un plan diabolique contre l'islam », a affirmé le président de Saadet, Recai Kutan. Son parti n'a recueilli que 2,5% des voix aux élections du printemps 2003, et il n'a aucun député à l'Assemblée nationale. Organisée avec le parti ultranationaliste MHP, la manifestation d'hier a attiré environ 25 000 personnes, selon la police.

Contrairement à ce que l'on voit habituellement dans les rues d'Istanbul, ici, une majorité des femmes portaient le foulard islamique. Et de jeunes agents de sécurité tentaient tant bien que mal de les tenir à l'écart des manifestants masculins. La manifestation s'est déroulée sans dérapage, sous la surveillance de la police, qui avait dépêché 4000 hommes et quelques blindés dans le coin.

Plusieurs manifestants brandissaient des inscriptions en anglais, visant de toute évidence les médias étrangers massivement accourus sur les lieux.

La manifestation d'hier ne rejoignait qu'une frange de l'opinion publique turque. Mais l'hostilité envers le pape est aussi grande chez les électeurs du parti Justice et Développement (AKP), actuellement au pouvoir.

Aussi ses leaders ne se précipitent-ils pas pour serrer la main du pape. Aux dernières nouvelles, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan quittera Istanbul demain, le jour même de l'arrivée de Benoît XVI, pour assister à la rencontre de l'OTAN en Lettonie. Tout au plus a-t-il accepté de croiser le Saint-Père à l'aéroport, et encore, seulement si les horaires de vol le permettent.

Au-delà du quartier périphérique où avait lieu le rassemblement d'hier, dans la populaire rue piétonne Istiklal, par exemple, une marée humaine ininterrompue longeait les vitrines et les cafés sans trop se préoccuper de la venue imminente du pape.

Cette visite soulève en revanche beaucoup de scepticisme chez les analystes, qui trouvent qu'elle ne pouvait tomber plus mal. « Les ultranationalistes vont l'utiliser comme plateforme politique », déplore l'éditeur Ragip Zarakolu, qui fait partie du groupe d'intellectuels turcs constamment harcelés par la justice.

D'autres reprochent au pape d'avoir peu à peu brisé les liens interreligieux tissés par son prédécesseur. « Ce pape a aboli le poste de responsable du dialogue interreligieux au Vatican, il casse tout ce que Jean-Paul II avait commencé », dit Cengiz Aktar, spécialiste des questions européennes à Istanbul. Selon lui, la visite de Benoît XVI ne fera qu'accentuer les clivages.

Murat Belge, professeur de littérature à l'Université Bilgi et figure de proue du mouvement de démocratisation en Turquie, n'a pas non plus une haute opinion du pape : « Je crois que ce pape serait bien heureux de voir un peu de fanatisme sauvage chez les Turcs, tandis que les fanatiques musulmans seraient au fond bien heureux qu'il les insulte à nouveau. »

À l'extérieur de la minuscule communauté chrétienne turque, le pape est accueilli au mieux avec froideur, au pire avec une vive hostilité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum.parsix.ift.fr/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam   

Revenir en haut Aller en bas
 
Benoît XVI redoute un choc des civilisations avec l'islam
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» pupille plus grosse
» images choc dans les campagnes de prévention
» Un film choc sur l'alcool au volant
» Les civilisations disparues : Les Vikings
» Un choc donne-t-il de la fièvre?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THÉ Et FEU :: ECHANGES DE POINTS DE VUE :: Spiritualité, Traditions-
Sauter vers: